LE CONTEXTE

Nord de l'Espagne, an 2011. Depuis une cinquantaine d'années, l'humanité livre une guerre sans merci contre les Vampires qui infestent certaines régions du monde, en particulier l'Europe. La partie centrale et orientale du continent est bien entendu sujette à ce terrible fléau, mais d'autres contrées ne sont pas exemptes de buveurs de sang. Ainsi, les plaines et les plateaux du centre de l'Espagne sont aux mains de puissants seigneurs vampires, alors qu'en d'autres points de la péninsule, la résistance s'organise grâce à l'action d'une Eglise catholique fanatisée et contrôlée par l'Opus Dei. Cette organisation quasi-occulte de technocrates de la Foi est surtout implantée dans ses terres d'origine, la Navarre et le Pays Basque, qu'elle a purifiées de toute influence vampirique. Disposant de solides appuis à Rome, elle entend mener une croisade contre les princes de la nuit à travers toute l'Europe, même orthodoxe, et elle promet une fin atroce à tous ceux qui coopèrent d'une façon ou d'une autre avec les créatures de Satan. Elle a fait éliminer le dictateur Francisco Franco en 1965, juste après sa vampirisation, et elle a mis aux commandes de l'Espagne un de ses partisans, l'archidiacre Rodrigo Ordoñez, aujourd'hui âgé de 90 ans, qui a introduit quelques timides éléments de démocratisation, mais qui a aussi rétabli le pouvoir de l'Inquisition en matière d'hérésie vampirique, sous la forme d'un Bureau des Affaires Religieuses (BAR) qui dispose de tous les pouvoirs constitutifs d'une police secrète.

Au 1er janvier 2010, le gouvernement Ordoñez, qui siège à Santander, contrôle les régions de la façade atlantique du pays, Barcelone, Valence et la majeure partie de l'Andalousie, où les Gitans font profiter les autorités espagnoles de leur savoir très ancien en matière de Vampires. En Castille, seules les villes de Madrid, Salamanque, Valladolid et Burgos résistent encore aux prédateurs, mais leur population est tellement fanatisée qu'elle en devient un allié de poids pour les Chevaliers du Christ.

LES VAMPIRES

Ce sont des êtres d'une cruauté et d'une sauvagerie absolue. Il n'est pas question ici d'immortels tourmentés à la recherche du Golconda, mais de véritables prédateurs ayant perdu toute once d'humanité. Certains humains ont toutefois des contacts avec eux ou avec leurs Goules, dans la mesure où ils payent bien et où ils ont besoin de serviteurs présentables et supportant la lumière du soleil, surtout dans les parties de l'Espagne où la luminosité est souvent très forte. Les seigneuries que les Vampires ont fondé en Aragon et en Castille sont régulièrement la cible d'attaques de la part des forces armées espagnoles stationnées à Barcelone, Valence ou Séville, mais ces assauts n'ont guère de chances d'aboutir, puisque les prédateurs disposent de cachettes innombrables dans la meseta et de nombreux serviteurs zélés prêts à se sacrifier pour couvrir leur fuite. En outre, à la tombée de la nuit, les Vampires redeviennent maîtres du jeu et, dans ces conditions, l'espérance de vie d'un soldat espagnol n'excède pas deux ou trois heures.

La ville et la proche banlieue de Madrid sont encore contrôlées par le gouvernement espagnol, mais la population se terre dans ses habitations à la tombée du jour, lorsque le couvre-feu entre en vigueur et que la capitale, véritablement en état de siège, se prépare à lutter contre les incursions des seigneurs de la nuit. Les Madrilènes qui n'ont pas eu le temps de regagner leur domicile se regroupent en général dans des abris situés dans les égouts ou les stations de métro de la ville, où ils sont sous la protection des Chevaliers du Christ (voir ci-dessous).

L'ARCHEVECHE DE SANTANDER

Face aux seigneuries vampiriques, les diocèses du Nord-Ouest de l'Espagne, qui sont parvenus à se libérer grâce à l'Opus Dei et à ses relais dans une population basco-atlantique fanatisée, organisent la riposte. Les Jésuites de Santander, capitale de la région cantabrique, ont mis sur pied un corps de chasseurs de vampires chevronnés à la loyauté sans faille, les Chevaliers du Christ. Recrutant dans tous les milieux sociaux, ils ont réussi à former des guerriers d'élite capables de tenter d'audacieux coups de main jusque dans les seigneuries les plus difficiles d'accès et les mieux protégées. Il faut dire que ces Chevaliers sont souvent doués de capacités surhumaines que les ecclésiastiques présentent comme miraculeuses mais qui, en d'autres temps, auraient conduit leurs bénéficiaires au bûcher. Quoi qu'il en soit, l'Opus Dei a trop besoin de combattants pour se lancer dans de vaines querelles théologiques avec les docteurs de l'Eglise.

Le Quartier Général des Chevaliers du Christ ne se situe pas, comme on pourrait le penser, à Santander, mais à Pampelune. La Navarre, profondément catholique, fournit en effet un contingent important de Chevaliers à l'Archevêché de la région cantabrique. Les chasseurs, une fois leur formation terminée, accomplissent leurs premières missions dans des seigneuries mal protégées de l'Aragon voisin, avant de se mesurer à des ennemis plus sérieux au sud.

Les PJ vont, bien entendu, faire partie des Chevaliers du Christ. Doués de capacités spéciales, ils ont été repérés par l'archevêché de Santander qui va les sauver des griffes des Vampires avant d'entreprendre leur formation. Au terme de leur apprentissage, ils auront l'occasion d'effectuer des missions périlleuses au cœur de l'Espagne continentale.

LES PRINCIPALES SEIGNEURIES VAMPIRIQUES DU NORD ET DU CENTRE

En Aragon : Les grandes seigneuries de cette région souvent aride, voire désertique, se situent dans les plaines, aux environs de Huesca, Saragosse, Calatayud et Teruel. La campagne regorge de vieilles cabanes abandonnées qui peuvent constituer autant de cachettes pour les Vampires durant la journée, lorsque les Chevaliers du Christ les traquent sous un soleil de plomb. Dans les villes, les princes de la nuit festoient dès le coucher du soleil en jouant avec les quelques paysans terrifiés qu'ils ont pu rafler au cours de leurs précédents raids dans la région. En effet, les Vampires prennent bien garde de ne pas massacrer tous les habitants d'une localité lorsqu'ils s'y installent, de façon à pouvoir toujours conserver sous la main quelques malheureux pour leurs libations nocturnes. Assister à de pareilles fêtes ferait basculer n'importe quel mortel dans la folie.

Les Pyrénées aragonaises sont elles aussi infestées de Vampires, mais pas autant que les plaines, dans la mesure où elles sont peu peuplées et recèlent donc moins de proies potentielles. Autre inconvénient de ces montagnes : leur population de paysans déterminés, souvent anarchistes, qui n'ont pas résisté aux Franquistes pour se soumettre aux Vampires. Bien armés et rompus aux techniques de lutte anti-vampirique par l'action conjointe des Chevaliers du Christ et de l'Internationale Socialiste qui travaillent main dans la main dans la région, les habitants du Haut-Aragon ont fait de leur région une base arrière des religions du Livre.

En Castille : Le principal royaume vampirique, contrôlé par le Prince Arpad, a pour capitale Tolède. Arpad, un puissant seigneur venu de Cluj, en Roumanie, rêve de reprendre Madrid, Salamanque, Valladolid et Burgos aux Chevaliers du Christ et de bousculer l'autorité des autres Princes qui se partagent le pays. Sa mégalomanie tourne à l'avantage des Jésuites de Santander, car ses attaques incessantes contre les villes castillanes libres bien défendues lui coûtent la fine fleur de ses disciples et bon nombre de ses Goules.

LA SITUATION DANS LE RESTE DE L'EUROPE

Tous les historiens s'accordent à dire que les Vampires n'ont commencé à faire leur apparition de manière tonitruante qu'en 1951, lors de graves incidents inter-ethniques en Yougoslavie, en Hongrie et en Roumanie, leur terre d'élection. Jusqu'alors cantonnés dans le secret, ils ont profité des troubles sanglants pour sortir de l'ombre et prendre part aux luttes des mortels, avant de les asservir de manière terrifiante. Aujourd'hui, aucun humain sain d'esprit n'oserait se rendre dans ces contrées où règne la sauvagerie la plus absolue.

L'Opus Dei n'est toutefois pas seul dans sa lutte contre les seigneurs de la nuit : le Vatican finance les Chevaliers de Dieu grâce à une attitude consensuelle observée par la frange moderniste de l'Eglise face à une situation aussi critique dans laquelle les clivages politiques doivent momentanément s'estomper. Protestants et Orthodoxes s'emploient aussi à tenter d'éradiquer la menace vampirique. Quant aux Musulmans, ils fournissent également de grands efforts en faisant profiter les Chevaliers de Dieu du savoir-faire de leurs Janissaires turco-bosniaques dans les Balkans et maghrébins en Espagne.

En 2010, Si la plus grande partie de l'Espagne, la Serbie, la Bulgarie et la Roumanie sont aux mains des seigneurs vampires, la coalition des religions du Livre a plutôt réussi à limiter leurs pouvoirs dans les autres régions d'Europe, même si la Cinquième Colonne des buveurs de sang, constituée de Goules, d'humains déments et de Vampires itinérants tente de nombreuses infiltrations en territoire libre.