LA MISSION

Les personnages se trouvent à Palavas-les-Flots quelques jours avant la Toussaint. Ils sont dans la discothèque Le Melody Nights avec son propriétaire, Patrick Sanchez, Prince de Palavas, un moustachu chemise-ouverte-chaîne-en-or-qui-brille. C'est un Grand'Gueule à lunettes fumées de la génération "de ceux qui sont rentrés en 62" . Sanchez s'adresse aux PJ en ces termes avec un fort accent pied-noir : "allez voir ce qui se passe à Châteauzon-Vierroux. Trois de mes agents y ont été éliminés en un mois. Je suis sûr que c'est cet enfoiré de Lola Berchtesgaden qui a fait le coup. Le Conseil vampirique, il fait rien pour nous protéger, rien ! Je paye mes cotisations, moi !" Si on lui demande comment il peut être aussi sûr de la culpabilité du Prince de Châteauzon-Vierroux, il répond : "purée, je les connais, moi, ces gens-là" mais, gêné, refuse d'expliquer ce qu'il entend par là.

L'ARRIVEE A CHATEAUZON-VIERROUX

Après deux nuits de voyage sur les petites routes et deux jours de repos, la ville est enfin en vue. Avec la BMW M5 que Sanchez a mise à leur disposition, les personnages ne font pas une arrivée très discrète, surtout en raison de l'habillage Ricard de la voiture. A tout hasard, le Prince de Palavas a glissé quelques fusils à pompe et des cartouches dans le coffre. On est la veille de la Toussaint et il fait déjà frisquet à Châteauzon-Vierroux même avant le crépuscule. Dans la lumière crue du supermarché Fourchan, le directeur Abel Zébuth, les yeux plissés par un sourire complaisant, tient la cigarette allumée d'un dernier client qui crache ses poumons à la caisse en réglant ses achats. Quelques cadres moyens de la zone industrielle jettent des regards soupçonneux aux Vampires en les voyant passer. S'ils sont attentifs, ces derniers remarqueront un gros break Volvo rouge posté à l'entrée de la ville. A l'intérieur veille un grand type musculeux et tondu à l'air buté : il s'agit de l'Adjudant Richard Mironton, que les personnages rencontreront peut-être plus tard dans le scénario. Il est au service des Exterminateurs qui tentent de nettoyer la région de ses Vampires et qui ont failli brûler vif Monsieur Wong, le serveur du Palanquin doré. Puis c'est le centre ville et l'étape obligée : la visite à Lola Berchtesgaden au Quick. Fait étonnant, les Vampires ne sont pas reçus directement par le Prince, mais par un de ses subordonnées, Armand Du Portail, notaire distingué et feutré qui "administre les affaires de Monsieur, enfin, Madame, enfin, vous voyez ce que je veux dire", à savoir le trafic de femmes slaves avec le Maroc et l'importation de coke via Istamboul, Belgrade et Budapest. Du Portail est la Goule principale de Berchtesgaden, mais c'est un Chebab du nom de Kamel qui exécute les consignes de son maître et fait régner l'ordre à Châteauzon-Vierroux pendant que le Prince est en déplacement à Zurich. Il leur accorde le droit de se rendre partout dans la ville pour enquêter, s'ils le souhaitent.

INTRIGUES CROISEES

Les trois Vampires envoyés par le Prince de Palavas ont été éliminés par des Exterminateurs agissant pour le compte de l'Opus Dei. Ils sont une quinzaine installés à l'Hôtel Canaillou, un bouge infâme situé à proximité de la caserne des parachutistes. Ils se font passer pour un groupe d'ornithologues belges assistant à un congrès, mais ils imitent très mal l'accent belge (surtout un qui a des intonations suisses même s'il est marseillais, mais enfin, qu'importe). L'Adjudant Mironton leur sert de relais et de rabatteur en échange d'antiquités de la Waffen SS. Les PJ ne disposent que d'une nuit et d'une soirée pour trouver le fin mot de l'histoire. L'idéal serait qu'ils rencontrent Monsieur Wong et sa nouvelle Goule Norbert Ardouille. Le Vampire d'Orient confirmera avoir été en relation avec les trois Caïnites de Palavas jusqu'à leur assassinat au lance-flammes à proximité de la caserne. Les autres personnalités que les PJ peuvent rencontrer sont essentiellement Abel Zébuth et le Loulou-Garou Sven Pichon. Si le MJ souhaite les aiguiller rapidement sur les Exterminateurs, il peut faire en sorte qu'ils aient vent de la venue prochaine à Châteauzon-Vierroux d'un célèbre diplomate franco-grec, Domidis Beaunique, qui a exceptionnellement demandé à descendre à l'Hôtel Canaillou, malgré le standing fort modeste de l'endroit.

CE QUI SE PASSE REELLEMENT

Cette année, à l'occasion de la Toussaint, l'Antéchrist revient sur Terre ! C'est un bon gars sympa à la figure avenante qui débarque dans un énorme camping-car estampillé "Supermarché Fourchan" avec des majorettes estoniennes qui distribuent des Malabars à la fraise. Cela fait quelques jours qu'il rôde dans la ville en refusant de décliner son identité, mais les gens le prennent pour un simple animateur recruté par Zébuth. Mais ce n'est pas tout : par un stupéfiant concours de circonstances, les Trois Cavaliers de l'Apocalypse ont eux aussi décidé de se manifester à la Toussaint ! (Voir plus loin pour savoir pourquoi ils ne sont que trois cette fois-ci). L'Antéchrist compte déclencher les flammes de l'Enfer au Rotary Club local, où se tient le soir de la Toussaint un concours de sosies de Charles Aznavour organisé par l'extrême-droite arménienne. Pour leur part, les Cavaliers ont choisi d'apparaître à la salle des fêtes près de la mairie où doit se produire Christian Morin qui dit les paroles de la chanson Tata Yoyo sur la musique du générique de la série K2000 (même si l'intéressé, grippé, se décommandera et sera remplacé par la chorale Sturmkommando du pensionnat religieux local menée par l'Abbé Herrmann Pichon, le cousin du maire).

DROLE DE SOIREE

A minuit, un embouteillage se produit à l'entrée de la ville : le gros camping-car de l'Antéchrist est bloqué par trois squelettes en Harley-Davidson qui font du cinq à l'heure. Ils portent un T-Shirt sur lequel on peut lire : "Pestilence est en vacances, c'est la faute aux trente-cinq heures". Les majorettes estoniennes juchées sur le toit de l'imposant véhicule dansent sur Boys, boys, boys tandis qu'Abel Zébuth klaxonne dans sa Cadillac pour faire avancer les Cavaliers de l'Apocalypse. C'est le moment que choisissent les Exterminateurs pour intervenir. En treillis, le visage maculé de charbon, ils surgissent, fusil-mitrailleur au poing et ouvrent le feu sur tout ce qui leur paraît suspect. C'est peut-être le moment pour les PJ de se servir des fusils à pompe situés dans le coffre de leur véhicule. Au milieu de l'affrontement furieux qui s'ensuit, on s'aperçoit que l'Adjudant Mironton, entièrement nu et le corps enduit de graisse, a pris en otage Jean-Pierre Pichon, le maire. Sven, son fils, pris de fureur, se métamorphose en homme-caniche et lui lance "Mironton, lâche mon père ou je te reprends tes galons d'Oberleutnant !" Un haut gradé de la caserne, lui aussi entièrement nu et le corps enduit de graisse, la larme à l'oeil, s'adresse en ces termes à l'Adjudant : "baisse ton arme, soldat perdu d'une guerre oubliée." Puis un Chebab s'écrie "sa race, la télé régionale ! La Massacrade est foutue !" En effet, les caméras sont là. Quelques secondes plus tard, une énorme explosion retentit : c'est l'Antéchrist qui a actionné la charge placée sous son camping-car en hurlant "dites trente-trois" (allusion à l'âge du Christ) dans un grand éclat de rire dément. Les Cavaliers de l'Apocalypse sont pulvérisés et les Exterminateurs se replient, emmenant avec eux l'Adjudant pour le protéger. (Il finira sa carrière comme professeur d'éducation physique au petit séminaire de La-Roche-sur-Yon). Des Toréador-Ton-Cul-N'Est-Pas-En-Or, mélancoliques, jettent des roses dans le cratère de l'explosion. Pour récompenser les personnages d'avoir résolu le mystère, Patrick Sanchez leur offre double ration d'acides à leur retour à Palavas.