Le petit continent de Taniria présente de forts contrastes d'un simple point de vue climatique : alors que le centre et le sud sont très tempérés et que les précipitations y sont abondantes, le Plateau d'Urvakan se caractérise par des étés courts et des hivers très froids qui rendent les incessants combats contre les mort-vivants encore plus pénibles et épuisants. Il n'est alors pas très étonnant de constater que l'armée tanirienne fait massivement appel à des non-humains très endurants tels que les Hobgobelins, les Orques et les Ogres afin d'épauler les Hommes du Nord qui se battent pour protéger leur foyer.

L'un des seuls aspects positifs de la guerre contre les créatures du Haut-Plateau, c'est que cette dernière a contribué à resserrer les liens qui existaient entre les différentes espèces. Il n'est pas rare de voir des Humains, des Elfes, des Hobgobelins, des Orques et des Hommes-Ailés combattre côte à côte au sein d'une même unité tanirienne. Les querelles inter-espèces ont dû s'effacer devant l'imminence du danger et même les Elfes des forêts du sud du royaume coopèrent parfois avec les autorités de Taniria pour contrarier les initiatives des habitants de Galgac'h. En outre, les besoins en adeptes de l'armée de Frévas VIII, souverain actuel du Royaume de Taniria, font que la très grande majorité des cultes sont ouverts aux membres de pratiquement toutes les espèces. Ces recrues non-humaines peuvent même espérer atteindre des postes à responsabilité, surtout au sein d'un culte comme celui de Tiarn, qui exalte la puissance et le courage.

Les villes et même les villages du royaume reflètent cette relative harmonie entre espèces. Leur population est souvent très mélangée et chacun se montre plutôt tolérant à l'égard des membres d'autres espèces. Il n'est pas rare de se trouver dans un village dont le chamane est gobelin, le sage nain, l'érudit elfe et le chef des guerriers ogre.

Par contraste, le danger représenté par les habitants de l'Ile Impie et du Plateau d'Urvakan fait que la méfiance règne dans de nombreux lieux du Royaume. Dans bien des villes et des villages, on considère avec soupçon les étrangers, les jeteurs de sorts et tous ceux qui n'affichent pas leur foi dans des divinités telles que Tiarn, Kashanta ou Sharoun.

Cet état de peur permanent arrange bien les affaires du clergé tiarnite dont les membres disposent de pouvoirs accrus en matière de défense et d'inquisition. Certains Taniriens jaloux des prérogatives des serviteurs de Tiarn murmurent que ces derniers auraient tout à perdre à voir les créatures de l'Ile impie et du Plateau d'Urvakan tomber sous les coups de l'armée royale tant les prêtres et les adeptes du culte tirent de bénéfices de l'emprise qu'ils exercent sur une population terrifiée et fanatisée. Inutile de dire que propager de telles idées ouvertement est un excellent moyen de finir au bûcher.

Pour autant, même si le Royaume de Taniria est en état de tensions permanentes en raison des offensives des maîtres de Galgach' et de leurs sbires, une intense activité économique et commerciale subsiste avec les contrées situées plus au sud, ne serait-ce que dans le but de pourvoir aux besoins des 120 000 habitants de la capitale. Les ports d'Oriéna, d'Urkho, de Havre et de Port-Haïguin permettent au Royaume d'importer des produits en provenance des autres continents d'Ogalarn, en particulier de l'Atranne et de la Confédération marchande. La population du Royaume, sur un total de 800 000 personnes, est constituée à 50% d'Humains, mais on y trouve aussi la plupart des espèces demi-humaines et non-humaines de Fantasy Folk, ainsi qu'un certain nombre de créatures fantastiques et féériques.