LE CONTEXTE

En mai 2010, un navire battant pavillon libérien débarque en Europe une cargaison très dangereuse : des singes du Congo infectés par un mystérieux virus qui les rend extrêmement agressifs et intolérants au soleil. Ces singes sont exportés illégalement d’Afrique, ce qui explique que la cargaison arrive en Europe clandestinement.

Lors du débarquement de la cargaison à Gibraltar, le 15 mai, la plupart des singes parviennent à s’enfuir et contaminent ceux du Rocher, qui, une semaine plus tard, se mettent à attaquer les humains qu’ils croisent. Malgré la volonté des autorités de Gibraltar d’étouffer l’affaire, l’information parvient aux rédactions des grands médias européens, mais elle est noyée dans les préparatifs de la Coupe du monde de football, qui doit avoir lieu simultanément en Espagne, en France et en Allemagne. Les touristes légèrement blessés par les singes restent une journée en observation à l’hôpital principal de la colonie, puis sont autorisés à rentrer chez eux. Ce que les médecins ignorent, c’est qu’ils sont porteurs d’un virus devenu transmissible à l’homme (par les sécrétions) et qui va se propager à travers l’Europe, puis le Maghreb, comme une traînée de poudre.

Après une période d’incubation d’une semaine, le 29 mai, un peu plus de cinq cents touristes européens mordus ou griffés par des singes de Gibraltar dans la soirée du 22 mai 2010 fuient leurs proches et attaquent des inconnus dans la rue simultanément dans de multiples grandes agglomérations européennes au coucher du soleil. Ils leur occasionnent des blessures sérieuses en les mordant et en les griffant, puis ils s’enfuient. Ceux qui sont rattrapés sont enfermés dans des hôpitaux psychiatriques et un certain nombre d’entre eux succombent au virus. Chacun d’entre eux a, en moyenne, attaqué dix personnes. La couverture médiatique de ces attaques ne se fait qu’au niveau local, dans la rubrique « faits divers ».

Une semaine plus tard, soit le 5 juin, leurs victimes (environ 5000 personnes) deviennent enragées elles aussi et blessent chacune gravement encore environ dix personnes. Les autorités font le rapprochement avec l’incident du 22 mai et commencent à envisager d’interner les personnes infectées dans des casernes, tout en essayant de ne pas affoler l’opinion publique devant l’émergence de ce mystérieux fléau.

A la mi-juin, des dizaines de villes en Europe sont touchées et plongent dans le chaos, certains citoyens lynchant des personnes infectées et la police en abattant plusieurs dizaines. On apprend en outre que des singes infectés auraient été également livrés à New York et à Hong Kong, ce qui provoque un vent de panique international. Ce chaos empêche les autorités européennes de retrouver toutes les personnes contaminées et d’enrayer la progression du virus, baptisé Equatoria par les scientifiques européens.

L’Union européenne déclare l’état d’urgence sur son territoire et les frontières extérieures sont fermées à la demande des pays étrangers. L’armée et la police patrouillent dans les rues de la majeure partie des villes d’Europe, mais ne tardent pas à s’apercevoir que les infectés ne sortent que la nuit, car ils craignent désormais fortement les rayons du soleil. Le fait que les personnes infectées soient de plus en plus souvent abattues par l’armée ou massacrées par des foules hystériques pousse ceux qui ont été contaminés à cacher leurs blessures et à entrer dans la clandestinité. Les opérations de ratissage et les exécutions de masse font sombrer des milliers de militaires européens dans la folie, surtout lorsqu’ils s’aperçoivent que les infectés s’entre-dévorent pour survivre. En outre, plusieurs centaines de soldats contaminés parviennent à s’enfuir grâce à la complicité de leurs camarades. La plupart des infrastructures s’écroulent et les Européens s’organisent pour défendre leur quartier et leur pâté de maison contre les incursions des infectés. Les supermarchés et les armureries sont pillées et un système de rationnement s’organise au niveau local.

Les nuits du 27 et 28 juin 2010, les autorités européennes s’aperçoivent de la gravité de la situation lorsque, dans plusieurs centaines de villes européennes, des quartiers industriels et périphériques entiers plongent dans le chaos au moment où des hordes d’infectés contaminent ou massacrent la plus grande partie de leurs habitants. Les représentants de l’UE invitent la population encore saine à se réfugier dans les centre-villes, qui deviennent de véritables camps retranchés. L’état de chaque nouvel arrivant est contrôlé par un détecteur de température et l’armée distribue des armes à la population.

Pendant ce temps, de sombres nouvelles parviennent des autres pays du monde, où le virus fait des ravages et où les systèmes étatiques s’écroulent. Très vite, le travail des médias restants se focalise sur des informations de sécurité concernant les mouvements des infectés.

Mois de mai 2011 : A cause des attaques meurtrières des contaminés et des épidémies causées par l’écroulement des infrastructures, l’Europe ne compte plus qu’environ cinq millions d’habitants sains, assiégés par cinquante millions d’infectés que le virus n’a pas tués.

LES PERSONNAGES

Ils appartiennent à l’unité opérationnelle Kracht (« force » en flamand) de la police de l’Union européenne, basée à Bruxelles. Au cours d’une enquête sur une possible cargaison d’uranium enrichi russe transitant par le Libéria vers l’Europe dans la cale d’un navire, ils se trouvent à proximité du navire transportant les singes mais ils se rendent compte que celui-ci n’est pas le cargo qu’ils recherchent. La mission finit par une souricière montée sur le port de Marseille dans la nuit du 29 au 30 mai. Le lendemain matin, ils apprendront la nouvelle des premières attaques d’infectés. Après quelques semaines, on ordonne aux membres de l’unité Kracht d’assurer la protection des scientifiques qui tentent de trouver un remède à l’Equatoria dans les laboratoires Meyrieu, à Lyon. C’est donc à Lyon que les agents vivront l’écroulement de la société.

Chronologie pour les membres de l’Unité Kracht, un groupe de personnages expérimentés (150-200 points) :

11 mai 2010, 9 heures : Le Commissaire principal Lothar Kuntz convoque les PJ dans son bureau et les informe que des sources dignes de confiance lui ont révélé qu’un navire battant pavillon libérien et ayant transité par le Libéria doit livrer une cargaison d’uranium enrichi russe en Europe. L’uranium sera ensuite revendu à un Etat désireux de fabriquer une bombe sale pour déstabiliser l’Occident. Les PJ parviennent à isoler deux bateaux suspects, le Flower of Africa et le Liberty.

14 mai : Les personnages apprennent que le Flower of Africa doit accoster le lendemain après-midi à Gibraltar. Après s’être entretenus avec leurs contacts qui connaissent bien le milieu libérien, ils se rendent compte que ce navire n’est pas celui qu’ils cherchent et qu’il s’agit certainement du Liberty, qui doit arriver à Marseille le 22 mai, et dont le capitaine est Augustus Dupré, un citoyen namibien en rupture de ban qui trafique avec le pouvoir biélorusse.

22 mai, 14h : Le Liberty est à quai pour une dizaine de jours. Une souricière est montée sur le port de Marseille.

Le 28 mai au soir, des intermédiaires soudanais montent à bord. Des conversations captées laissent entendre qu’ils reviendront la nuit suivante finaliser l’affaire.

Nuit du 29 au 30 mai, vers une heure du matin : Les Soudanais reviennent et l’Unité Kracht parvient à arrêter tout le monde après un assaut mouvementé.

Matin du 30 mai : les agents ayant participé à la mission bénéficient d’une semaine de vacances, jusqu’au 6 juin au soir inclus.

Matin du 7 juin : réunion extraordinaire au siège de l’Unité Kracht. Kuntz contacte les agents au soir du 5 juin, en leur disant qu’il s’agit d’une réunion très importante.

15 juin : Certains membres de l’Unité Kracht (ceux qui n’ont pas d’attaches familiales) sont transférés à Lyon pour assurer la protection rapprochée des scientifiques. Pendant qu’ils traversent la France, ils ne tardent pas à s’apercevoir qu’un éventuel retour à Bruxelles risque d’être plus que problématique devant l’extension de l’épidémie et la sauvagerie des infectés.